ROBERT BERRY interview

 


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Revenons en maintenant à ton…


ROBERT BERRY :  A moi ! Ah, ah, ah ! OK !


Oui, ton album THE DIVIDING LINE  et en particulier  sur le titre FAITH, une très belle ballade. Tu as écrit « I’VE LOST GOOD SOULS LIKE MIKEY, THE BEST OF US SEEM TO FALL SO YOUNG...”. Cela semble très triste. Qui est Mikey ?


ROBERT BERRY : Mikey, en fait MIKE WIBLE, était le claviériste du ROBERT BERRY BAND. Mike était le meilleur musicien que j’ai jamais rencontré. Il savait jouer tout le répertoire de EMERSON quand je jouais avec KEITH EMERSON. Nous jouions une musique difficile et MIKE savait la jouer. Il savait jouer le repertoire de ALLIANCE. Il était chanteur choriste également en tournée. Il était sincèrement une âme pure et un grand musicien. Parce qu’il ne voulait que jouer de la musique, il ne gagnait pas beaucoup d’argent, il avait un peit appartement, il était serré pour régler ses factures mais il a toujours fait pour que ça marche… Il avait un cancer. Et juste avant cela, il a obtenu un bon job, il a commencé à gagner plus d’argent, il a emménagé dans une nouvelle maison et il est mort de son cancer. Cela m’a beaucoup attristé car nous étions très proches.


Cette chanson est un très bel hommage !


ROBERT BERRY : Oui… Chacun possède “le livre de sa vie” et toutes les pages de la vie y sont écrites… La foi en ce que tu crois et ce que tu aimes faire est inscrite dans ce livre pour que l’on se souvienne de toi. Il y a tant de choses à propos de MIKE dont je me souviens, il me manque… 


Tu sembles très affecté…


ROBERT BERRY : Oui… Dans mon studio, j’ai affiché des photos des gens avec lesquels j’ai travaillé comme SAMMY HAGAR, KEITH EMERSON et sur ce mur j’ai affiché mon groupe avec MIKE. Je le vois tous les jours et je pense à  lui… J’ai la chance d’avoir travaillé avec de grands musiciens et MIKE est l’un d’eux. Il était le meilleur de tous. Il laisse un grand vide tant dans ma relation personnelle avec lui que musicalement. Il est pour moi irremplaçable. C’est une grande perte. Cela me touche vraiment que tu aies étudié les textes suffisamment pour comprendre ce que j’éprouvais en relevant le nom de MIKE. Cela veut dire beaucoup pour moi. Tu es plein d’émotion.


Je suis désolé d’avoir ressassé de tels souvenirs…


ROBERT BERRY :
Non, je suis content que tu aies relevé cela. Je ne pense pas avoir eu meilleure question dans toutes les interviews que j’ai données. C’est très touchant.


Nous parlions de FRONTIERS, MIKE était claviériste, as-tu entendu parler de ERIC RAGNO de CHINA BLUE ? Il travaille avec ton label et peut-être FRONTIERS te le présentera-t-il ?


ROBERT BERRY :
 Quel est son nom ?


ERIC RAGNO.


ROBERT BERRY :
Je ne le connais pas.


Il m’appelle tout à l’heure pour une interview, je parlerai de toi et tu peux de ton côté en parler avec FRONTIERS !


ROBERT BERRY :
Oui, c’est d’accord !


Concernant le titre WAIT, une belle ballade également, pourquoi l’avoir choisie pour une première video-single ? Tu as des titres plus accrocheurs sur ton album comme THE DIVIDING LINE, THIS LIFE ou encore A LIFE WORTH LIVING !


ROBERT BERRY : Pour une fois dans ma vie,  je voulais une vidéo qui ait du sens et un impact lorsqu’on la regarde. Comme je le disais, tout le monde veut faire le bien et attendant cependant sans rien faire. C’est comme aider une vieille dame à traverser la rue… Tu te dis que tu aurais pu le faire ! On attend toujours pour aider les gens, nous devons les aider. Le gouvernement doit vraiment les aider ! Les images… Il n’y a ni BUSH ou OBAMA, je suis retourné à CLINTON car déjà à cette époque, des choses auraient du être mises en place. C’est comme ces personnes qui s’immolent par le feu, cela a toujours existé. Faire que cela change pour le meilleur. Et on attend toujours pour que le monde change…


Tu ne voulais pas choquer avec cette video, juste montrer au monde la vérité.


ROBERT BERRY :
Oui, j’ai voulu faire un pas. Si ton père ou ta mère perd son travail et se retrouve sans argent, tu vas agir parce que cela te touche. C’est de ta famille dont il s’agit. Le monde est une grande famille, nous devons nous soucier de tous. Il y a tant de mères à travers le monde dont les enfants meurent de faim, nous devons prendre cela à cœur et essayer d’aider autant que nous le pouvons sans attendre. Voilà pourquoi j’ai voulu cette vidéo. J’ai voulu une fois dans ma vie faire la lumière sur ces problèmes sans "attendre". Je ne sais pas si je suis clair mais j’essaye… Ah, ah, ah !


Tu as pris en charge toute l’instrumentation de ton album à l’exception du titre A LIFE WORTH LIVING. Pourquoi avoir fait appel à GARY PIHL (BOSTON) et DAVID LAUSER (SAMMY HAGAR) ? Ont-ils apporté une touche que tu ne savais pas toi-même apporter ?


ROBERT BERRY :
Ah, ah, ah ! Cette chanson a une drôle d’histoire. Il y a deux ans, j’ai écrit la chanson MODERN MAN avec GARY pour ALLIANCE et le label ESCAPE l’a détestée disant qu’elle sonnait comme une chanson country western. J’ai toujours aimé son couplet et je l’ai réécrite. Elle est inspirée du suicide de BRAD DELP de BOSTON.  Il était un grand chanteur comme LOU GRAMM de FOREIGNER ou COVERDALE. C’était un chic type qui ne pensait pas être un grand chanteur. Les dernières années, il ne supportait plus la pression. Et je me suis souvenu de cette chanson écrite avec GARY pour ALLIANCE. Celle qu’ils n’avaient pas aimée. Une fois réécrite, il me fallait GARY et DAVID pour la compléter car cette chanson était au départ destinée à ALLIANCE.


C’est encore un nouvel hommage !


ROBERT BERRY :
Tu es le premier à me parler de cette chanson. J’avais dit ne jamais dévoiler le fait qu’elle était inspirée du suicide de BRAD. Inspirée n’est pas le bon mot…


Dans les années 80, tu as collaboré avec STEVE HOWE de YES dans le cadre de GTR, tu remplaçais en lieu et place STEVE HACKETT de GENESIS, cela a du être un honneur pour toi !


ROBERT BERRY :
C’était incroyable !


Comment as-tu rencontré STEVE HOWE ?


ROBERT BERRY :
GEFFEN Records à Los Angeles appréciait mon style d’écriture Rock à la BRYAN ADAMS et ASIA dont le label était GEFFEN, congédiait JOHN WETTON. CARL PALMER m’a appelé : « Serais-tu intéréssé de jouer avec ASIA ? »   


ASIA ?! Tu aurais dû jouer avec ASIA ?


ROBERT BERRY :
De toute ma vie, si j’avais pu faire partie de ASIA, j’en aurais été très heureux car c’est mon groupe préféré parce que c’est l’idéal pour les claviers, les guitares et les bonnes chansons. Je le voulais ! CARL m’a appelé ! D’autres choses se sont produites alors qu’il travaillaient le troisième album d’ASIA (ASTRA) qui n’était pas très bon et je crois que GEOFF a voulu le bacler pour ne plus rien avoir à faire avec ASIA.  Et STEVE a gardé le titre WHEN THE HEART RULES THE MIND qui a fait un hit avec GTR alors qu’il l’avait écrite pour ASIA qui se disloquait. Ce qui se passait alors, c’est qu’il n’y avait plus d’ASIA… Le manager de GTR m’a alors contacté et m’a indiqué qu’ils avaient de gros soucis avec STEVE HACKETT, qu’il était sur le point de partir. Et comme ASIA n’était plus, il m’a demandé si je souhaitais me joindre à GTR. Je ne connaissais pas grand chose de GTR, j’ai donc écouté le disque et… j’adore STEVE HOWE, il est fantastique tant musicalement que personnellement. Ce qui m’a surpris, c'est que GTR était autant axé sur les claviers que sur la guitare. Je me suis dit que j’aimerais bien être de ce groupe. Ils m’ont alors fait embarquer pour l’Angleterre. J’ai commencé à composer avec STEVE HOWE et je lui ait dit : “ STEVE, ce que nous avons besoin de faire, c’est de jouer plus de guitares, ce groupe s’appelle GTR !”. C’est que nous avons fait. Oui, il est vraiment fantastique ! Personne ne joue comme STEVE HOWE. Le problème que j’ai eu avec GTR est que certains des membres du groupe ne m’appréciaient pas parce que j’étais le seul américain. J’étais le petit nouveau et je passais tout mon temps à écrire avec STEVE.


Cela ne provenait donc que d’un problème d’ego ?


ROBERT BERRY :
Oui… Je déteste dire cela parce que les gars étaient de bons gars, d’excellents musiciens mais ils ne voulaient pas de moi !  Ils ont partagé beaucoup de moments avec STEVE HACKETT et ils avaient payé leur dû… Ils pensaient y gagner et voyant cet étranger avec STEVE… Je ne suis pas surpris qu’ils m’aient rejeté. J’aurai souhaité que cela en soit autrement. Cela ne me convenait pas et je suis donc parti.


Tu as quitté de toi-même, ce n’est pas dû au fait que le groupe ait splitté avant l’enregistrement du deuxième album…


ROBERT BERRY :
Je suis resté assez longtemps pour qu’ils aient du matériel pour un album. J’ai fait ce que je pouvais. Ils ne m’ont pas laissé chanter une note. Ils ne voulaient pas de ma voix et pourtant mon contrat stipulait que j’aurais dû chanter un peu, pas même en tant que lead-singer mais quelques chansons.


En effet, le chanteur était MAX BACON et tu aurais partagé…


ROBERT BERRY :
Tu connais JOURNEY ! Souviens-toi quand STEVE PERRY a rejoint le groupe. Il y avait des tensions entre STEVE PERRY et GREGG ROLIE. Je ne voulais pas que cela arrive. MAX était le chanteur du groupe, je savais que jamais je n’en serais le chanteur. Quand je devais chanter mes harmonies et que MAX était à côté de moi à chanter, ma voix ne brillait pas… quoiqu’il en soit c‘est de l’histoire ancienne. Voilà pourquoi j’ai quitté. Je sentais qu’il y avait mieux ailleurs.  KEITH EMERSON a alors contacté mon manager pour lui annoncer que CARL PALMER avait apprécié ma musique et qu’il était intéressé pour un groupe. Je ne suis donc pas renter à la maison et je suis resté à Londres…


Aura-t-on un jour la chance d’entendre les morceaux que tu as écrits avec GTR ? Aviez-vous enregistré ?


ROBERT BERRY :
Oui, nous avions enregistrés les demos du deuxième album et certaines de ces chansons figurent sur l’album PILGRIMAGE TO A POINT. Des chansons que STEVE et moi avions écrites.


Mais penses-tu qu’on en entendra les versions d’époque avec GTR ?


ROBERT BERRY :
Il existe un bootleg qui comprend pour moitié des chansons que j’ai enregistré avec eux et des morceaux extraits d’une cassette sortie sous le nom de ROBERT BERRY BAND qui a été distribuée lors d’un concert à New York. La musique est pour une moitié de GTR et pour l’autre du ROBERT BERRY BAND mais ce bootleg est toutefois nommé GTR…


C’est un trésor !


ROBERT BERRY :
Une des chansons du ROBERT BERRY BAND, YOUNG BLOOD, devait apparaître sur le deuxième album de GTR. Ils l’ont enregistrée après que je sois parti mais toutes les parties de guitare heavy que j’avais créées avec STEVE HOWE ont été retirées et remplacées par des violins, c’est un album très étrange.


Où peut- on trouver ce bootleg ?


ROBERT BERRY :
Oh ! Je n’en sais rien… Je pense que tu pourrais le trouver… Quelqu’un doit savoir, tu as des contacts…


Quand j’ai écouté  le nouvel album THE DIVIDING LINE, j’ai pensé à GTR avec les titres  YOUNG HEARTS et LIFE IS ON FIRE. Tu es d’accord avec cela ?


ROBERT BERRY :
Oui, oui ! YOUNG HEARTS est une chanson que j’ai voulu dans un style légèrement progressif comme GTR. Je considère LIFE IS ON FIRE plus marquée par le style progressif. Sur tous mes albums solo, je souhaite inclure un titre de ce type. J’éprouvais le besoin de l’ajouter à cet album.


Quand les as-tu écrites ?


ROBERT BERRY :
YOUNG HEARTS avait été écrite pour GTR et tu en trouves une copie sur le bootleg. Si ce n’est que toute la première partie heavy guitare/batterie est remplacée par des violons. Tu comprendras pourquoi je suis parti ! LIFE IS ON FIRE est par contre une nouvelle chanson.

    

Tu travaillé comme nous l’avons dit avec des artistes des groupes BOSTON, SAMMY HAGAR, NIGHT RANGER, etc. Quel est celui qui t’a le plus impressionné ?


ROBERT BERRY :
Probablement GARY PIHL, le guitariste de BOSTON. GARY a commencé comme guitariste avec SAMMY HAGAR… Laisses-moi reprendre…  Quand SAMMY avait son groupe, DAVID LAUSER en était le batteur, GARY PIHL le guitariste et ALAN FITZGERALD le claviériste. Quant SAMMY a rejoint VAN HALEN, ils m’ont contacté alors que j’étais à Londres avec STEVE HOWE. J’aurais bien accepté mais je m’étais engagé avec STEVE. Après avoir enregistré mon album avec KEITH et CARL en 1982, cela fait un bail, GARY PIHL m’a relancé à nouveau parce qu’ils n’ont jamais trouvé le bon type. Il m'a demandé si je voulais essayer. Et c’était le bon moment ! Et j’avais à nouveau un guitariste avec qui écrire ! Je pense que GARY a le plus d’influence sur moi. Mais DAVID LAUSER a tant d’idées que je n’imagine pas le groupe sans lui.


 
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ROBERT BERRY interview - 19 décembre 2008