ROBERT BERRY interview - THE DIVIDING LINE

  

 

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Oyez ! Oyez ! Braves HEAVY SOUNDERS !
Si fans de Rock Progressif ou de Melodic Rock vous êtes consommateurs, voilà de quoi vous délecter ! Si vous ne le connaissez pas encore, découvrez par ce qui suit le sieur ROBERT BERRY qui vient de sortir son nouvel album solo THE DIVIDING LINE (une perle à diffuser en boucle sur votre chaîne stéréo). C'est une heure durant que je me suis entretenu avec ROBERT. Une heure pleine d'intérêts, une heure d'histoire de la musique compte tenu de son cv et de ces fréquentations, une heure intense chargée d'explications et également d'émotion...

Cette interview m'a profondément marqué car j'ai eu au bout du fil un homme riche au sens noble du terme ! En plus d'être riche de son expérience de musicien, cet homme est riche de sincérité, de sympathie, de gentillesse, d'écoute, de simplicité, de passion, d'espoir, de sourires et de rires, etc...
En résumé : ONE GOOD MAN !
 





Peux-tu dans un premier temps te présenter et en quelques mots nous énoncer ta carrière… Comment en es-tu venu à la musique ? Quels sont tes styles de musique préférés ? Tes influences, tes premiers groupes ? Ouf…

ROBERT BERRY : Ok, je dois déjà me souvenir de tout ce que tu m’a demandé… Ca c’est le plus difficile  ! (rires) Alors…, je suis ROBERT BERRY, mon nouvel album THE DIVIDING LINE sort chez FRONTIERS RECORDS. Je suis actuellement dans la musique parce que je n’avais pas le choix  ! Ma mère et mon père avaient un groupe alors que j’étais encore bébé. Mon père jouait du saxophone et du piano, ma mère était la chanteuse du groupe. J’ai grandi avec cela et mon père a tenu un magasin de musique, j’y voyais donc des musiciens et j’ai pensé que cela pourrait être une super vie  ! J’ai donc toujours voulu devenir musicien, c’est comme ça que tout a commencé pour moi. Je dirais que j’étais condamné à la musique…


Condamné ?


ROBERT BERRY : Il n’y avait pas d’autre issue pour moi. C’est tout ce que je pouvais faire, ce que je fais et ce que je ferai… (rires)


Quels sont tes types de musique préférés ?


ROBERT BERRY : Si tu parles de groupes, je donne dans différents styles de musique. La moitié de ma carrière, j’ai joué du Rock Progressif. J’ai joué avec KEITH EMERSON et CARL PALMER de ELP (Keith Emerson (The Nice),  Greg Lake (King Crimson) et  Carl Palmer (Atomic Rooster)) et également joué avec STEVE HOWE de GTR. Alors, il y a beaucoup de gars issus du Rock Progressif que j’apprécie comme YES, GENESIS, ELP. Mais, il y aussi des moments passés avec SAMMY HAGAR et mon groupe ALLIANCE qui est plus American Rock. Donc j’ai aussi des préférences dans ce style. Des groupes comme FOREIGNER, BOSTON, évidemment SAMMY HAGAR et VAN HALEN… mais ce avec quoi j’ai grandi, c’est du British Rock  ! LED ZEPPELIN, JETHRO TULL, ce genre de groupes… J’aime le groupe ASIA. Mon album solo se rapproche musicalement de ce groupe. C’est américain mais je suis plus inspiré par le style européen.


Quel est ton instrument préféré ? Cette question parce que tu joues de beaucoup d’instruments.


ROBERT BERRY : Oui, j’en joue beaucoup. Mon instrument préféré, c’est la basse !


La basse ?


ROBERT BERRY :  Ouiiii ! J’ai débuté en tant que claviériste dans un groupe appelé HUSH. Dans les années 80, nous jouions des reprises de groupes progressifs, GENESIS et YES.  Je reproduisais les parties de RickWAKEMAN et de Tony BANKS. Et acheter l’équipement et le transporter devenait un fardeau  ! Alors, j’ai pensé  : «Comment être dans un groupe ? J’aime chanter et je ne veux pas être derrière les keyboards !». J’ai beaucoup apprécié jouer de la basse. J’en joue beaucoup en studio ainsi que de la batterie, les rythmiques pour des clients. J’adore jouer de la basse !


Tu étais donc au départ un musicien de session studio ?


ROBERT BERRY :
 Oui, et j’ai un studio d’enregistrement, SOUNDTEK STUDIOS  en Californie. Tous le jours, je travaille avec des groupes, je leur écris des textes ou je fais des arrangements et parce que je joue de nombreux instruments, je les produis également. Tous les jours, je fais cela et quand je me lève le matin je suis heureux d’aller travailler et faire ce que j’aime faire.


En effet, tu étais condamné à la musique !


ROBERT BERRY : Oui, j’étais condamné  comme un criminel ! (rires)


Parlons de ton nouvel album maintenant,  THE DIVIDING LINE. Il est disponible sur le label italien FRONTIERS RECORDS. Pourquoi avoir choisi celui-ci et pas un label US ?


ROBERT BERRY :  La plupart de la musique aux USA est « tendance », beaucoup de hip-hop… Les groupes sont jeunes, d’une moyenne d’âge de 18/25 ans. Et ici, aux Etats Unis, on apprécie ce qu’on appelle « the flavor of the month », les nouveautés qu’on entend à la radio. Des groupes comme JOURNEY ou ASIA ne passent pas en radio, ils ne peuvent bénéficier d’aucune promotion ici, parce que tu as toujours de nouveaux groupes de gamins que tout le monde regarde sur MTV,  VH1ou toutes ces chaînes musicales. Alors pour ma part,  je pense que le public européen aime toujours ce que je fais, qu’il apprécie les titres avec de bonnes structures et des mélodies… Ils aiment toujours cela en Europe alors qu’ici les mélodies ne sont parfois pas importantes pour connaître le rap et le hip-hop…

J’ai reçu sur Myspace l'invitation  d’un « ami » de FRONTIERS. J’ai envoyé un commentaire en retour disant que je connaissais FRONTIERS, que c’était un grand label en Europe et j'ai demandé qui je devais contacter pour obtenir un contrat. J’ai obtenu un message en retour « je suis le président de la compagnie et nous aimerions faire un album avec toi ! ». C’est comme cela que ça a commencé. J’aime travailler avec eux, ils m’ont bien pris en charge que ce soit pour le packaging, l’équipe de promotion, tous sont très professionnels. Ils font du bon boulot  chez FRONTIERS !


Cette signature chez FRONTIERS pourra peut-être dans le futur t’amener des collaborations avec d’autres artistes… Tu as pensé à cela ?


ROBERT BERRY : Oui, je l’espère. Je les démarche actuellement à propos d’un album pour les prochaines périodes de Noël. Nous en sommes pour l’instant aux possibilités. Et j’espère aussi quelque chose entre FRONTIERS, mon label, et ESCAPE MUSIC, le label de mon groupe ALLIANCE. Grâce à eux peut-être qu’ALLAINCE tournera en Europe l’été prochain… Je suis cela de près.


Revenons donc à l’album THE DIVIDING LINE. Avant d’aller plus loin, je souhaite de féliciter. Pourtant, je t’avoue ne pas l’avoir apprécié à la première écoute car il ne me paraissait pas être un album facilement accessible.


ROBERT BERRY : Han, han…


Je l’ai écouté maintes fois, il en ressort qu’il est excellent ! Peux-tu…


ROBERT BERRY : J’apprécie vraiment cela. Tu sais mon groupe ALLIANCE (avec GARY PIHL de BOSTON à la guitare, DAVID LAUSER, le batteur de SAMMY HAGAR et  ALAN FITZGERALD le claviériste de NIGHT RANGER), nous avons sorti avec ESCAPE trois albums, c’est très American Rock, quelque part entre LED ZEPPELIN et FOREIGNER. Je pense que mon album solo sonne plus européen qu’ALLIANCE, je dirais que c’est plus progressif… Jamais je ne sais comment les gens vont accepter un album solo, c’est juste moi qui le réalise, j’en écris les paroles, j’en joue la plupart des instruments à l’exception du titre A LIFE WORTH LIVIN sur lequel DAVID LAUSER et GARY PIHL jouent. L’album d’ALLIANCE sorti en juin a reçu de très bonnes critiques et je me demande vraiment quelles seront les réactions pour le solo. 


Peux-tu me décrire THE DIVIDING LINE ?


ROBERT BERRY : THE DIVIDING LINE est textuellement inspiré de la vie. Chaque jour a son problème et aucun problème ne peut être résolu. Musicalement, je retourne à l’époque où je vivais à Londres et travaillais avec KEITH EMERSON et  GEOFF DOWNES d’ASIA. J’ai apporté de ces éléments à ma musique. Eléments que je n’ai pas dans ALLIANCE. Musicalement, c’est plus produit, plus arrangé… euh, oui… plus produit, plus arrangé, plus européen !


Je dirais qu’il sonne moderne mais tu sembles avoir été très inspiré des 80’s.
Suis-je dans le vrai ?


ROBERT BERRY : C’est exactement ce que FRONTIERS m’a demandé de faire : « Nous voulons que tu fasses un album mais nous voulons que tu fasses ce que tu avais pour habitude de faire ». (rires)


Etre toi-même !


ROBERT BERRY : Oui, être moi-même ! C’est ce que j’ai toujours voulu faire et c’est revenu naturellement. J’ai été chez GEFFEN pendant des années,  ils n’ont jamais voulu que je fasse ce que je voulais, ils voulaient que je fasse ce qu’ils voulaient ! Ah ! (rires)


Tu en as un que peu parlé mais revenons aux textes de ton album. Tu traites beaucoup de la vie. Est-ce de ta propre expérience dont tu parles ? Tes propres combats ?


ROBERT BERRY :  Oui ! C’est un album qui m’est très personnel. J’ai… une chanson comme ONE GOOD MAN… Elle est à propos de comme je me sens moi-même. Tu as besoin d’être honnête, vrai, tu dois faire preuve de toute la bonté possible, rester positif. Je ressens beaucoup de gens négatifs, ils n’ont que de mauvaises choses à dire, ce qui n’aide personne et cela n’apporte pas de bien-être aux gens.  Ceci ne règle pas les problèmes quels qu’ils soient. Il y a une manière positive de les résoudre. Il y a une autre chanson LISTEN TO THE PEOPLE qui est révélatrice de notre époque. Beaucoup sont mécontents du gouvernement… C’est une chanson que j’ai écrite pour GTR et elle n’est jamais apparue sur un disque.


Vraiment ? Je pensais que… C’est un peu une chanson de rebelle…


ROBERT BERRY :  Oui, oui !


Je voulais justement te demander de qui tu parlais. J’ai pensé à George W Bush
mais tu me dis que c’est une chanson de GTR ! Elle très ancienne donc…


ROBERT BERRY : Oui, 1987. Elle n’a jamais vu la lumière du jour, je l’ai un peu remise au goût du jour. Alors que je faisais d’un groupe comme GTR, je me suis demandé en  regardant le groupe : "quels en sont les bons côtés, que veut entendre le public, que faisons nous de mieux ?". Mon idée était de voir STEVE HOWE briller à la guitare, il est tellement fantastique. Une des meilleures chansons que je pouvais écrire était donc destinée à faire briller sa guitare. Mais cette chanson était aussi politique, les gens insatisfaits… cette chanson est de 1987 et les gens sont toujours insatisfaits ! Les politiciens ont toujours de mauvaises nouvelles ! (rires)


Oui et vraiment je pensais que cette chanson était un message à Bush.
Quoique elle peut l’être !


ROBERT BERRY : Oui, elle peut.


Elle s’adapte de la même façon à toutes les époques.


ROBERT BERRY : As-tu regardé la vidéo WAIT ?


Oui, je l’ai vue.


ROBERT BERRY : WAIT traduit une opinion vraiment personnelle. Nous aimerions tous faire le bien dans le monde, que ce soit toi, moi, Bush ou Tony Blair, quiconque… Nous voudrions tous faire le bien mais bien des gens attendent ! C’est comme si personne se s’impliquait et n'effectuait le travail difficile… La fin de la vidéo a déjà quelques années mais elle n’a jamais été éditée. Elle semble s’appliquer à la situation actuelle. Ce que les économistes disent de faire, personne ne le fait. Ils attendent. Cela semble toujours s’appliquer à l’actualité et j’espère des changements.

 

 

Justement, que penses-tu de votre nouveau président Obama ?


ROBERT BERRY : Je pense que si quelqu’un a de vieilles phobies qu’il le laisse faire son job. Mais le problème que nous pouvons avoir avec tout gouvernement, c’est qu’"ils" sont là depuis longtemps, j’espère qu’il obtiendra le respect de beaucoup et qu’il sera convaincu que ce qu’il fait est bon.


Je le souhaite car quelque part les USA ne régissent-ils pas le monde ?


ROBERT BERRY : Oui… mais je reste positif et que cela change. J’espère qu’"ils" le laisseront faire ce qu’il souhaite. Les choses seront différentes mais c’est toujours plus facile de le dire. Combien de politiciens promettent et une fois élus, non pas qu’ils soient mauvais, je ne le pense pas, mais ils ont des concessions à faire et ont à jongler ! J’espère qu’il n’aura pas à trop jongler.


Tu sais quelque chose m’effraie… Il est de couleur, je pense également à Kennedy et …


ROBERT BERRY : Je sais ce que tu vas dire ! La possibilité d’un assassinat. Tu sais il n’est qu’à moitié noir ! (rires) ! Peu importe qui, George Bush aurait pu l’être. Beaucoup ont en marre de lui. Je crois qu’ils seront très prudents avec Obama. Je pense qu’il ne se détache pas de son discours, non pas comme un homme de couleur mais comme un homme simplement. Il souhaite une unité. Il dégage une belle image, il est très calme, il s’adresse à tous… Tu sais, au plus profond du Texas, il y a toujours des gars avec un sale accent qui gardent un flingue caché dans les toilettes et qui essayeront de tuer quelqu’un. Tous les pays ont ce genre d’individus quelque part !


 

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ROBERT BERRY interview  - 19 décembre 2008