MESSALINE interview - In Cauda Venenum (2009) - HEAVY SOUND SYSTEM

Publié le par HeavySoundSystem - Oliiver


10 questions à ERIC «CHATTOS»,
chanteur parolier de MESSALINE

 
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Offrant des riffs d'acier, des rythmiques de plomb et des textes drôles et originaux, MESSALINE reçoit bon accueil de la presse spécialisée. Le nouvel album « In Cauda Venenum »  est aujourd'hui dans les bacs ! Qui mieux que Eric Martelat (chant) peut nous le présenter ?



MESSALINE-1Veux-tu pour commencer te présenter et nous raconter ta carrière ?

C’est vers 15/16 ans que j’ai vraiment découvert la musique…Avant j’écoutais les conneries qui passaient à la radio, puis j’ai eu le « Made in Japan » de DEEP PURPLE entre les mains, j’ai pris une claque énorme qui a bouleversé totalement mes certitudes. Ce qui m’a fait plonger la tête la première dans la marmite Hard Rock …. Au bout d’un moment quand tu écoutes du Hard, t’as envie d’en faire et comme j’étais fainéant… je me suis mis au chant ! (rires) … Il y a eu un premier groupe  de 1989 à 1991 qui s’appelait KASHMIR, quelques concerts,  déjà on ne faisait que des compos et j’écrivais les textes, bon c’était le début…c’était très… WAMPAS en fait ! Puis je suis rentré dans ABSURD. On faisait du metal prog avec des costumes sur scène ! On avait démarré en 1995, fait une centaine de concerts, sorti deux albums « pour un oui pour un nom » en 2001  et « dernières sommations » en 2003. Puis ABSURD a splitté d’un commun accord avec tous les membres du groupe. Après l’album « Dernières Sommations » (titre prédestiné non ?) en 2003, on a fait des concerts (notamment une première partie de PORCUPINE TREE à Lyon) pour promouvoir le CD mais après, revenus en répèt, plus rien ne venait ; la magie entre nous tous avait disparu. Au bout de deux mois on a compris qu’on était arrivé à la fin de l’aventure, qu’il fallait arrêter avant de trop tourner en rond et de se taper sur la gueule ! (rires). Mick (guitare),  JC (basse) et moi même, on  voulait continuer une aventure dans le rock’n’roll donc il a suffit de convaincre un ami commun, Steph (batterie) à venir nous rejoindre et de monter MESSALINE fin 2003 ….

Quels sont tes styles de musique favoris et influences ?

J’aime le vieux Hard Rock des 70’s : DEEP PURPLE,  BLACK SABBATH, LED ZEP, URIAH HEEP, le prog des 80’s MARILLION, le Hard Français des 80’s, IRON MAIDEN,  le folk de MALICORNE, et des groupes plus actuels SYSTEM OF A DOWN, TOOL, CANDELMASS …Au niveau du chant la tonalité est plus celle de Bernie de TRUST  mais ma plus grosse influence reste Christian Décamps de ANGE.

A propos du groupe :

Chacun a ses influences, Mick c'est le vieux hard, les guitaristes style Morse, IRON MAIDEN ou les vieux HELLOWEEN, le folk et le classique. JC (basse), c’est plutôt le Black, le Neo et des trucs plus groovy. Steph (batterie) ne jure que par SLAYER (et aussi les vieux METALLICA, MEGADETH et co )….tu brasses tout dans une salle de répet et tu obtiens MESSALINE !
 
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Quel artiste avec lequel tu as travaillé ou avec lequel tu travailles t’a le plus impressionné  ?
 
J’aime travailler avec mes potes de MESSALINE ….je trouve que Mick est vraiment un guitar hero à l’ancienne, la grosse tête en moins ! Il a la technique, le feeling, tu le lances sur une grille d’accords et il te fait un solo d’un quart d’heure ! (rires). Je prends toujours plaisir à l’écouter. Sinon toujours en guitare, mon pote Hassan Hajdi (qui joue dans ANGE et donne des cours au MAI de Nancy, il a eu Stéphan Forte d’ADAGIO comme élève) est terrible ! Niveau chant, Christian Décamps de ANGE (toujours)… on l’avait invité à venir chanter un titre en studio avec ABSURD, la claque ! En une seule prise, le grain, la technique, la puissance  ! Du coup on est allé mangé au resto plus tôt ce jour là… (rires).

Comment se déroule le travail de promotion et quel retour as-tu à propos du nouvel album ?

A part deux chroniques sur Internet où visiblement des « journalistes  en herbe » n’ont rien compris ou n’ont  pas assez de recul ni de culture musicale, toutes les autres sont très positives. Tout le monde souligne l’effort sur les textes et l’intégrité du projet… la promo  c’est une chose, que les gens fassent l’effort de découvrir en est une autre…Avec cette crise du CD, le public ne mise pas trop sur des groupes nouveaux mais sur des valeurs sures  : les succès de ventes en France des derniers AC/DC et METALLICA le confirment. On manque de curiosité. C’est dommage. 
 
MESSALINE - chronique, cliquez !Quelle ambiance se dégage de ce nouveau disque ? Que dirais-tu au public afin qu’il l’écoute et l’achète ?

Comme je le disais, MESSALINE c’est la musique mais aussi les textes. On est satisfait du son de  In Cauda Venenum, de l’énergie qui s’en dégage, on  a pu faire passer en studio ce que l’on ressent sur scène… Il faudrait vraiment donner une chance à ce In Cauda Venenum  car c’est un disque qui est bien foutu  : le son, les compos, les mélodies, les textes, l’artwork…Enfin, je pense qu’il peut convenir à plein de monde, les fans de Heavy avec les solos, ceux de TRUST qui ne se retrouvent pas dans leur dernière errance, ceux de KILLERS pour l’énergie et bien d’autres groupes des 80’s …Mais ce n’est pas  une ‘zique trop datée quand même ! Si les gens prenaient le temps de nous découvrir, on pourrait facilement les convaincre… L’espoir ce n’est pas de vendre 10 000 CDs mais qu’il y ait une grande reconnaissance au niveau national pour notre travail… Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ce n’est pas le problème, je voudrais qu’on soit reconnu comme une entité à part entière  : MESSALINE, groupe de Hard Rock qui trace son chemin contre vents et marées.

D’où te vient l’inspiration ?

En fait les textes ça ne vient pas comme ça. J’ai plein de bouts de phrases, de calembours dans des cahiers et des fois je déterre une vieille phrase écrite pour la placer dans un texte si le thème s’y prête. Le plus dur, c’est de trouver un thème de départ ou une histoire. Après le style d’écriture (avec toutes les astuces inhérentes au procédé d’écriture) fait le reste. (enfin presque  !). Souvent les idées viennent effectivement de mes lectures (livres ou presse hebdo) et des émissions sur Arte (mine de ressources niveau historique  !). Contrairement à pas mal de groupes, dans 80% des cas, le texte vient avant la musique  ! J’aime bien décliner un mot, il y a souvent des possibilités … C’est un exercice passionnant, des fois ça t’emmène loin, à la limite de la poésie surréaliste et des fois ça tombe à plat  ! (dans ce cas, ça reste dans les cahiers). Ca oriente tout de suite la chanson vers l’humour ou l’ironie même si le fond du texte est sérieux, ça contrebalance et c’est pas plus mal  ! Pour la musique, je laisse ça à mes acolytes  !

Quel est ton titre favori du nouvel album et pourquoi ?

J’aime tous les titres mais si je n’en gardais qu’un, ça serait peut-être « L’infirme amant ». L’ histoire  : un GI américain moyen (nationaliste  !) s’est fait mettre en charpie à la guerre du Viet-Nam. Il est cul-de-jatte et n’a plus qu’un bras… Lui qui se prenait pour le maître du monde… Pour soulager sa frustration d’homme, il s’est fait greffer un godemiché sur son seul bras valide et s’en sert pour faire souffrir des prostituées dans des motels pourris. La musique accompagne bien le texte, on a des passages acoustiques sur les textes plaintifs et des voix qui racontent, des passages violents au début comme les passages du napalm sur les rizières, et le « In God We Trust » crié peut être interprété comme la devise américaine ou comme le nouveau mode de vie de cet américain  !  

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Penses-tu apporter quelque chose de nouveau à la musique avec ce cd ?

Je n’aurai pas cette prétention  !!!! On fait les choses à notre niveau, on se fait plaisir, on essaie de faire plaisir aussi, c’est déjà pas mal !
 
Une tournée est-elle prévue prochainement et à quoi peut s’attendre le public ?

Sur scène on s’éclate et on fait partager cet enthousiasme au public…On a fait trois belles dates avant l’été. Avec BLASHEME et KILLERS à La Tannerie de Bourg-en-Bresse, avec ANGE à Gérardmer, et le Lyon Metal Fest au Transbordeur avec ETHS, ADAGIO, KORITNI, DAGOBA … On attend pour d’autres premières parties sur Lyon, sinon on va rattaquer les café-concerts en Rhône-Alpes… Une tournée, c’est difficile dans le sens où le public s’est vraiment réduit à une peau de chagrin dans le style Hard Rock… On n’est pas dans une position facile. On ne va pas se griller à jouer dans les PMU (cf. DYSLESIA) mais on ne peut pas démarcher les belles salles de 300/600 personnes tout seul  non plus car pas assez connus ! C’est le problème et je ne sais pas s’il y a des solutions ! On fait du coup par coup …. Le Hard Rock (et pas le Metal ni l’Extrème et compagnie) est en danger. A part les grosses pointures (et encore JUDAS PRIEST a mis 5 ans pour faire une date en France depuis le retour d’Halford  !), tu connais combien de groupes Hard Rock qui font une vrai tournée française de 10, 15 dates (à l’exception de DEEP PURPLE). GOJIRA, LOFO y arrivent largement (et heureusement et tant mieux pour GOJIRA qui est énorme , le plus grand groupe Metal Français de tous les temps !) mais ce n’est pas du Hard Rock au sens 80’s, on est d’accord  ? Après, ce n’est pas une fatalité ni un défi à relever, c’est un constat (amer ?), on va pas changer de style de zique parce que ça marche moins que tel ou tel style. Mais pas mal de programmateurs de salles subventionnées (en plus) sont responsables d’avoir mis au rencart le Hard Rock car pour eux trop ringard.

Veux-tu laisser un message aux HEAVY SOUNDERS qui te lisent ?

Merci d’avoir pris le temps de me lire jusqu’au bout ! Osez le hard français, continuez à soutenir la scène nationale, elle en a besoin ! Restez ouvert d’esprit, les oreilles grandes ouvertes et… investissez dans du long terme, dans In Cauda Venenum  de MESSALINE ! (rires)



MESSALINE interview - In Cauda Venenum (décembre 2009)
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